
Faustine
Directrice artistique — Studio Ava
« Une vraie exigence de design, des sites sur-mesure livrés en 7 jours. »
Suivre sur LinkedInAprès dix ans à créer des identités visuelles et des sites WordPress sur-mesure, j'ai fait évoluer ma façon de travailler. Aujourd'hui, je conçois mes sites avec l'intelligence artificielle et l'outil Lovable. Voici, en toute transparence, ce que ça change vraiment dans mon métier.
Qu'est-ce qui vous a poussée à quitter WordPress et à changer de méthode ?
Par pragmatisme, et parce que j'aime faire les choses bien. Avec le temps, WordPress est devenu lourd à gérer : des plugins à empiler, des mises à jour en continu, des lenteurs… Je passais souvent plus de temps à réparer la technique qu'à créer des sites qui font vraiment bonne impression.
Avec Lovable et les modèles d'IA récents, je reviens à ce qui compte vraiment dans mon métier : la direction artistique, un site qui convertit, et une expérience agréable pour les visiteurs.
Et le résultat est meilleur : le code produit est moderne (React, Tailwind CSS), léger, propre et prêt à l'emploi. Ce n'est pas un abandon de la technique — au contraire, on se débarrasse enfin de ses vieilles dettes techniques.
On entend souvent qu'un simple prompt suffit à créer un site complet en dix minutes. C'est vrai ?
C'est l'illusion vendue par les vidéos marketing sur les réseaux. Oui, n'importe qui peut générer une page de base en cinq minutes. Mais livrer un vrai site, prêt à être mis en ligne — avec un positionnement clair, un affichage impeccable sur tous les écrans, un SEO bien réglé et un design cohérent —, c'est tout autre chose.

L'IA n'a aucun esprit critique : si vous lui demandez d'ajouter une section, elle le fait sans hiérarchiser. Résultat : très vite, des pages surchargées, incohérentes et répétitives.
Mon rôle, c'est justement de cadrer, de trancher et de garder le cap. L'IA écrit le code très vite, mais c'est l'œil humain qui garantit la structure, les bons choix et la finition.
Les sites générés par IA se ressemblent souvent. Comment évitez-vous ça ?
En fixant la direction artistique avant même d'écrire la moindre ligne dans l'outil.
Un projet ne commence jamais par un prompt vague du type « fais-moi un site moderne ». Je commence par définir un cadre graphique précis :
- Une typographie lisible et bien hiérarchisée ;
- Des couleurs choisies pour l'identité du client ;
- Des règles simples pour les espacements, les arrondis et les contrastes.
Ensuite, quand je travaille dans Lovable, j'impose ce cadre comme des règles fermes : pas de dégradé décoratif sans bonne raison, pas de cartes systématiques, des composants choisis avec soin. Le site final doit ressembler à l'entreprise, pas à l'outil qui a produit le code.
Pourquoi du code généré plutôt qu'un outil no-code comme Webflow ou Framer ?
Pour garder la propriété du site, sa longévité et sa légèreté.
Les outils no-code enferment souvent dans des abonnements obligatoires et des écosystèmes fermés. Avec mon approche, je produis un vrai code propre, relié à un dépôt GitHub classique, que l'on peut héberger où l'on veut.
Et si le site doit évoluer plus tard — un espace client, une base de données, une connexion sécurisée ou des règles métier complexes —, la base est déjà saine et modulaire. On ne jette rien, on construit par-dessus.
Si les sites sont faits plus vite, comment justifiez-vous vos prix ?
Je ne facture pas des heures de saisie ; je vends un outil qui fait grandir une entreprise.

Passer six à huit semaines sur un site vitrine juste parce qu'on assemble tout à la main n'a jamais été un gage de qualité : c'était juste de la lenteur technique. En automatisant les tâches répétitives, je consacre ce temps là où il crée vraiment de la valeur :
- 1La clarté du positionnement : affiner les messages et ce qui rend l'offre unique.
- 2La structure de conversion : des parcours fluides, des objections levées, une offre crédible.
- 3La performance globale : chargement instantané et SEO bien réglé.
Le client repart avec un site sur-mesure, performant et en ligne en quelques jours au lieu de plusieurs mois. Ce qui compte pour lui : être visible vite, et que le site vende.
Comment contrôlez-vous la qualité avant la mise en ligne ?
C'est une étape à part entière — et même plus exigeante qu'avant. Mon contrôle se fait en trois points :
- 1Le responsive : vérification systématique sur grand écran, ordinateur portable, tablette et téléphone réel (retours à la ligne, boutons faciles à toucher, menu fluide).
- 2La structure et l'accessibilité : un seul titre principal H1, des sous-titres bien organisés, des contrastes lisibles (normes WCAG) et des formulaires correctement étiquetés.
- 3La propreté : images compressées, dépendances inutiles supprimées et balises de partage (Open Graph) vérifiées.
L'IA produit le premier jet de code très vite ; la vérification finale et l'œil critique restent, eux, 100 % artisanaux.
Finalement, comment définiriez-vous votre métier aujourd'hui ?
Je me définis comme directrice artistique et cheffe de projet web, avec l'IA comme outil de plus dans ma boîte à outils. L'ingénierie de prompt n'est qu'une technique ; elle ne remplace ni le métier ni le regard.
Le cœur de mon métier, lui, n'a pas changé : comprendre l'activité d'un professionnel, cerner ce que ses clients cherchent, et créer un site qui l'aide concrètement à se développer. La seule différence, c'est que la lourdeur technique a disparu — place à la vitesse et à la qualité des choix.
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